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09/05/2007

 L'usage d'une grille à reine

En pratique la reine a tendance à monter pondre rapidement dans la hausse, avant que les cadres ne soient remplis de miel.  La grille à reine agit comme un filtre qui laisse passer les ouvrières mais retient les mâles et surtout la reine.  Son emploi entre le corps et la hausse permet de contenir la reine dans le corps et de conserver ainsi la hausse totalement libre de couvain.  Sans grille, les cadres de miel contenant du couvain ne peuvent pas être récoltés.  Aussi, l’utilisation de la grille à reine est obligatoire pour les apiculteurs qui récoltent avec des petites hausses sur des petites miellées spécifiques telles que le saule.  Elle est également obligatoire lorsqu’on récolte du miel cristallisant rapidement dans les rayons comme le colza.  De même, l’emploi du chasse-abeilles requiert l’usage de la grille à reine car en présence de couvain, les nourrices ne quitteraient jamais la hausse.  L’usage de la grille à reine supprime la diffusion des loques par les cadres de hausse contaminés par le couvain malade et permet de produire un miel beaucoup plus clair qui n’a pas un arrière-goût de couvain.

L’utilisation de la grille à reine connaît de fervents partisans mais aussi des détracteurs convaincus.  Pour ceux-ci, la grille est en effet un obstacle au développement normal de la colonie.  Au-delà du fait que les ouvrières peuvent s’y abîmer les ailes et les pattes, elle est source de perturbations au niveau de l’organisation du nid.  En temps normal, le couvain est en contact permanent avec la couronne de miel (ou de pollen) et donc, même si la hausse est occupée dans un premier temps par du couvain, lorsque la miellée est longue et intense, les cellules libérées par les naissances du couvain sont immédiatement occupées par du miel et petit à petit la hausse se videra de son couvain au fur et à mesure qu’elle se remplira de miel.  Par contre, comme la colonie développe toujours son nid vers le haut, la colonie a toujours tendance à réserver des cellules vides pour le couvain au-dessus de la grille et en cas de faible miellée une discontinuité anormale apparaît entre la couronne de miel peu importante de la hausse et le couvain se trouvant dans le corps avec pour conséquence une certaine stagnation de la ponte.

De manière générale,
l
es grilles à reine nuisent à la production optimale de miel et elles sont inutiles lorsqu’on travaille avec des ruches divisibles à hausses multiples car dans ce cas, on extrait une hausse à la fois en descendant les cadres contenant du couvain dans le compartiment inférieur avant de placer le chasse-abeilles.

L’utilisation de la grille est indispensables dans certains cas et déconseillée dans d’autres cas.  Notre décision dépendra du modèle de ruche qu'on utilise (les petites hausses avec des cadres bas sont plus facilement remplies de miel que les grandes hausses avec des cadres hauts), du type de miellée sur laquelle on récolte ou encore de la race d’abeilles qu'on élève.

14:58 Écrit par Jean-Luc Strebelle dans TP : Placement des hausses | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

 La pose d'une deuxième hausse

Avec une seule hausse à miel, le miel doit être extrait plusieurs fois pendant la miellée pour que la colonie ait toujours suffisamment d'espace pour le stocker.  Une autre possibilité est d'avoir deux hausses à miel ou plus. Celles-ci peuvent être ajoutées à la ruche pour augmenter l'espace de stockage.

Les rayons vides stimulent le butinage et la récolte.  Si la miellée n’est pas en cours d’achèvement,on place une deuxième hausse dès quela première est pleine au ¾ de son volume.

Cette hausse supplémentaire est placée entre le corps et la première hausse si elle contient des cadres bâtis.  Ainsi placée, elle se trouve dans une position favorable au travail des abeilles, à proximité du couvain.  Pour ceux qui travaillent sans grille à reine, il est préférable de redescendre les cadres de couvain dans la deuxième hausse qu’on vient de placer au-dessus du couvain.

Cette hausse supplémentaire est placée au-dessus de la première hausse si elle contient essentiellement des cadres à bâtir.  Si on avait placé une hausse vide entre le corps et les réserves de miel, on aurait créé une discontinuité pendant un laps de temps trop long entre le couvain et son miel.  On finit par intervertir les 2 hausses, 7 à 10 jours plus tard, lorsque la majorité des cires sont construites.

14:56 Écrit par Jean-Luc Strebelle dans TP : Placement des hausses | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/04/2007

Première visite de ruches pour nos élèves

Il a fallu, tout d'abord, se familiariser avec l'enfumoir !
Nous avons discuté, dans un premier temps, sur les différentes sortes de combustible amené par les uns et les autres : toile de jute, carton, copeaux de bois... pour ensuite procéder à l'allumage selon la technique décrite dans un article de ce blog spécialement rédigé à ce sujet.

çachauffeçafume

prêts
Yves et Alain sont manifestement heureux d'enfin passer à la première ouverture d'une ruche

A noter qu'habituellement la visite de printemps ne s'envisage que lors d'une journée succédant à 2 à 3 jours de beau temps (durant lesquels les butineuses sont sorties en nombre), où le vent est faible et où la température est supérieure à 18°c pour éviter de refroidir le couvain.

Dans notre cas, il n'est pédagogiquement pas possible de reporter nos travaux pratiques au rucher en fonction des conditions météorologiques.  Aussi, notre cours sur la visite de printemps étant prévu ce 31 mars, nous nous devions de l'exécuter même si les conditions climatiques optimales n'étaient pas réunies.

Nourrissement 2

On commence par soulever un coin du couvre-cadres et on enfume légèrement dans l'espace ainsi créé afin de faire descendre les abeilles dans le corps de ruche.  On retire, ensuite, très délicatement, le couvre-cadres duquel on enlève la propolis et les constructions que les abeilles ont faites pendant l'hiver.  On fait, à nouveau, descendre les abeilles en enfumant encore légèrement au-dessus de la ruche afin de pouvoir enlever les constructions qui se trouvent sur le dessus des cadres en toute quiétude. 

La deuxième étape consiste à passer les différents cadres en revue.  Pour ce faire, on enlève le (ou les) cadre(s) partition qui se trouve(nt) contre la (ou les) paroi(s) de la ruche afin de donner de la place pour manoeuvrer les autres cadres.  Si on travaille dans une ruche où il n'y a pas de cadre partition, on enlève alors le cadre de rive après l'avoir décollé avec le lève-cadre, on le sort de la ruche en prenant soin de ne pas écraser les abeilles qui le couvre, on l'examine, on le débarasse de ses abeilles et on le dépose ensuite sur le côté de la ruche.  Le deuxième cadre est alors examiné et peut ensuite retourner à la ruche à la place du premier cadre.  Tous les cadres peuvent ensuite être examinés selon le même procédé et à la fin, le cadre mis sur le côté est placé dans l'espace laissé libre à l'autre rive.

Pour secouer les abeilles se trouvant sur un cadre, on le tient fermement d'une main et on frappe séchement sur le dessus du cadre de l'autre main.

Lors d'une visite printemps, il faut vérifier l'état sanitaire de la colonie et réagir de manière adéquate (objet d'un cours spécifique de 2ème année) en cas de maladie trop importante ou particulièrement contagieuse.

larves et naissance
Ici la présence de couvain calcifié est due à une mycose mais son importance très réduite nous informe de l'excellent travail de nettoyage opéré par la colonie qui se défend d'elle même.  Dans ce cas précis, on ne sait rien faire mais si on avait trouvé de grandes plaques de couvain atteint, il aurait fallu retirer ces cadres de la ruche et les brûler !

Lors d'une visite de printemps, on vérifie également la présence de couvain ainsi que l'importance de son développement.  Une colonie, possédant une reine de qualité, présente un couvain compact (sans cellules vides) qui est lui même bordé d'un cordon de pollen surmonté de miel.

abeilles sur cadre de couvain

Au printemps le nid à couvain se trouve souvent bloqué par de la nourriture (cadres de provision, barrière de pollen).  Il faut alors aider la reine à étendre sa ponte en décalant d'un cadre la barrière de pollen et/ou en griffant la nourriture en contact avec le couvain. 

cadres de pollen
On observe ici une belle plaque de pollen à déplacer pour qu'il ne bloque pas le développement du couvain.

On peut également introduire un cadre de cire gaufrée entre le dernier cadre de nourriture (pollen ou provision hivernale) et le couvain.  

 Image1    
On retire, pour ce faire, un cadre de rive (partition ou nourriture)


Image2
afin de pouvoir décaler, un à un, les autres cadres (jusque et y compris le cadre de pollen éventuel)

Image3
pour introduire un cadre de cire gaufrée à l'emplacement laissé libre en bordure de couvain.
On voit également que les provisions du deuxième cadre en partant de la rive gauche ont été griffées.  Les provisions, ainsi griffées, seront plus vite utilisées par les abeilles de la colonie et celà libérera un espace supplémentaire à la ponte de la reine en bordure de son couvain actuel.

 

 

Crédits photographiques :
Thierry Renard et Jean-Jacques De Rette,
2 élèves du rucher-école de Tournai

11:09 Écrit par Jean-Luc Strebelle dans TP : Première visite de printemps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |